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14/11/16 Entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi: 2 ans déjà!

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Entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi: 2 ans déjà!

Le saviez-vous? Il y a pile 2 ans j’ai décidé d’entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi. Le 14 novembre 2014, j’ai en effet signé mon démarrage d’activité au sein de Coop’alpha et lancé Oenostory. Mais c’est quoi une coopérative d’activité et d’emploi? Comme nous sommes en novembre, mois de l’économie sociale et solidaire, je me suis dit que c’était l’occasion de vous expliquer!

Un statut original: celui d’entrepreneur-salarié

Les Coopératives d’Activité et d’Emploi ou CAE font partie des SCOP Sociétés Coopératives et Participatives, et sont des entreprises partagées démocratiques, portant les valeurs de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire), respectant les principes de libre adhésion et de diversité. Bien que les CAE existent depuis plus de 20 ans, le statut d’entrepreneur-salarié n’a fait son apparition dans le Code du Travail que par loi ESS de juillet 2014. Comme le laisse entendre son nom, le statut d’entrepreneur-salarié permet pour ainsi dire de bénéficier du meilleur des 2 statuts: l’autonomie de l’entrepreneuriat, et la sécurité du salariat en CDI (Contrat à Durée Indéterminée).

En effet, au sein de la coopérative, l’entrepreneur-salarié développe son activité en toute autonomie: construction de l’offre, prospection, choix des clients, réalisation des contrats. Par contre il est accompagné pour y parvenir (voir plus loin).

Et il bénéficie d’avantages habituellement réservés aux salariés: protection sociale, mais aussi services mutualisés comme la gestion comptable et administrative, la responsabilité civile professionnelle et décennale, les logiciels de gestion, le service appel d’offre, la formation, etc.

Entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi : le parcours

Tout porteur de projet non immatriculé peut intégrer la CAE sauf s’il exerce une profession réglementée ou que son activité nécessite de lourds investissements. Le parcours d’intégration se déroule sur 36 mois maximum et commence par la participation à une réunion d’information collective, suivie si vous êtes intéressé d’un rendez-vous individuel d’évaluation du projet où est validé votre savoir-faire opérationnel (diplôme ou expérience) pour l’activité envisagée. A partir de là, vous signez un CAPE, Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise. Vous suivez des formations (gestion, marketing, communication, etc.), vous êtes accompagné par un conseiller, vous construisez votre offre et surtout vous cherchez vos premiers clients. Durant cette phase, vous pouvez continuer à percevoir allocations chômage, RSA ou ASS selon votre situation. Dès que votre niveau de facturation vous le permet, vous signez un CDI au niveau de rémunération révisable basé sur le CA généré par votre activité. Pour financer le fonctionnement des outils mutualisés, la CAE prélève une contribution coopérative de 11%* sur la marge brute que vous avez dégagée.

A tout moment, vous êtes libre de quitter la CAE pour immatriculer votre entreprise ou vous réorienter. Dans un délai de maximum 36 mois après la signature de votre CAPE, et si le test de votre activité est concluant vous pouvez:

  • soit quitter la CAE pour immatriculer votre entreprise (la CAE peut même vous accompagner pour choisir votre statut),
  • soit devenir sociétaire de la CAE.

Dans ce dernier cas, vous participez au capital de la coopérative et aux décisions qui la concernent. Cela nécessite bien sûr d’adhérer au modèle et aux valeurs soutenues par la CAE. A noter aussi que votre passage au sociétariat est soumis à l’approbation des autres sociétaires.

brainstorming coopératif coopalpha 24 entreprendre en coopérative d'activité et d'emploi CAE
Séance de brainstorming coopératif à Coop’alpha 24

Mon expérience chez Coop’alpha

Avant de signer chez Coop’alpha il y a 2 ans, j’avoue que je n’avais aucune idée de ce qu’était entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi. Travaillant à la création d’Oenostory, c’est mon conseiller Pôle Emploi qui m’a invitée à me rendre à une réunion d’information collective de l’antenne de Coop’alpha* en Dordogne. Quinze jours plus tard, je signais mon CAPE et c’était parti!

Plusieurs raisons ont fait que cette solution a été la bonne pour développer mon projet:

  • Cela m’a permis de me concentrer sur l’essentiel: le développement de mon activité. Construire son offre, organiser sa prospection, réaliser ses premières missions (qui prennent toujours beaucoup plus de temps que prévu 😉 ): j’ai trouvé confortable de pouvoir faire tout ça sans avoir à me préoccuper du choix d’un statut, de formalités administratives diverses et variées qui n’auraient fait que reculer ma phase de test d’activité réelle.
  • J’ai reçu « le petit coup de pieds aux fesses » dont j’avais besoin! En effet, J’aurais sans doute tergiversé encore un moment avant de me lancer si ma référente Coop’alpha de l’époque ne m’avait pas dit: « tu es prête, la période de test qu’est le CAPE est faite pour ça, que risques-tu? » (merci Brigitte!).
  • Ce qui m’amène à aborder cet autre point: je ne suis pas seule avec mon projet. Parce qu’on ne va pas se mentir, on a beau se répéter à l’envi qu’on ne risque pas grand chose à essayer (surtout lorsqu’on démarre une activité qui ne nécessite aucune mise de départ), certains jours…on n’a pas le moral! Et à l’heure où le doute s’installe, c’est quand même sympa de pouvoir échanger avec son référent ou d’autres entrepreneurs et de dédramatiser un peu. Et les occasions d’échanger ne manquent pas: pendant le parcours formation, pendant les mensuelles, dans le cadre des réunions des pôles métiers.
  • Ces moments d’échange, sont aussi l’occasion de trouver des synergies, créer ensemble. Les entrepreneurs développent leurs activités dans des domaines riches et variés, et tout ça génère de la créativité et des opportunités auxquelles on n’aurait pas forcément songé. Et puis bien sûr, on s’entraide et bénéficie du réseau des uns et des autres.

Enfin, je crois que développer un projet certes individuel mais au sein d’un collectif a du sens pour moi. Mes parents sont vignerons coopérateurs, j’ai donc grandi dans cet esprit. Avant de créer Oenostory, j’ai principalement exercé au sein de structures coopératives. Alors finalement, je crois que je ne pouvais qu’être sensible à cette alternative à la création d’entreprise qu’est la CAE.

L’idée n’est pas de dresser un portrait idyllique de la CAE. Je pense qu’il y a des porteurs de projet à qui ça ne conviendrait pas du tout. Et il y a aussi quelques inconvénients et contraintes  (un peu trop techniques et spécifiques pour les développer ici). Mais globalement, entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi est plutôt une expérience positive que j’avais envie de partager. Je crois aussi que c’est une façon vraiment actuelle de concevoir l’activité professionnelle, qui va être amenée à se développer encore parce qu’ elle répond à de nombreux besoins dans un contexte de mutation profonde du monde du travail.

Je suis client d’Oenostory, quel impact?

Le fait que je développe Oenostory en coopérative d’activité ne change strictement rien pour vous! Je dispose d’une responsabilité civile professionnelle. Mes devis et factures sont élaborés grâce au logiciel interne de Coop’alpha et sont validés par la coopérative avant émission, ce qui favorise leur conformité (forme, mentions légales). Je facture avec le numéro SIRET de la coopérative. Les paiements doivent donc être adressés à Coop’alpha. Et c’est tout!

Pour en savoir plus sur Coop’alpha, connaître les dates des prochaines réunions d’information collective, ou faire connaissance avec les entrepreneurs de la coopérative, rendez-vous sur www.coopalpha.coop.

Coopalpha 24 coopérateur solidaire entreprendre en coopérative d'activité et d'emploi

*Ce pourcentage peut varier selon les coopératives d’activité.

* Coop’alpha a été créée en 2006 à Lormont et dispose d’une antenne en Dordogne depuis 2013.

4 thoughts on “14/11/16 Entreprendre en coopérative d’activité et d’emploi: 2 ans déjà!

  1. Article très clair pour un système qui mérite un coup de projecteur, bavo pour ce partage d’expérience :)

  2. Merci Alexandrine pour ton article qui me conforte( et me réconforte) dans l’envie de me donner à fond pour développer ma petite entreprise.
    Coop’Alpha est arrivée à point nommé à un moment essentiel de questionnement dans ma vie professionnelle. Ce système de coopération participative m’est apparu comme une opportunité qu’il me fallait saisir. Et je ne le regrette pas puisque j’ai retrouvé une énergie et une motivation réelles !

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